“Colui che vuole assicurare la mediazione tra due pensatori audaci porta il marchio della mediocrità: è incapace di vedere quel che c’è di unico in loro; imitare e copiare, è assolutamente tipico di uno sguardo miope”.
È seguendo le tracce di
quanti amano la vita che si diffida sempre più della sopravvivenza. Una
sopravvivenza concessa da potenti sempre più impotenti a produrre le condizioni
della gioia di vivere. Tutti i piaceri sono confiscati dalla redditività, unico
orgasmo concepibile in un universo capitalista diventato una realtà totalitaria
onnipresente.
Nessun ottimismo risulta
sufficiente né realista quando la realtà dello sfruttamento, dell’alienazione e
dell’inquinamento del vivente occupano i territori in cui abbonda la vita
riducendola, inquinandola, rendendola malata.
Non è unicamente il
pianeta che è ammalato, ma soprattutto la socialità umana alienata che corrompe
la terra, l’aria, l’acqua, il mondo, la vita con mille forme di obsolescenza
dell’umano: dal cibo cancerogeno alla bomba atomica, il capitalismo e i suoi
fedeli confusionisti complottano per annichilire il vivente, senza scrupoli nè
coscienza.
Ci fu un tempo in cui la
rivoluzione sociale pretendeva di creare un mondo nuovo. Ormai ribellarsi
diventa ineluttabile per salvare i resti necessari di una natura – e della
socialità che ne segue – che il produttivismo ha falsificato strutturalmente
per sfruttare senza limiti tutto e dappertutto.
La società dominante ha
falsificato la realtà della vita fino a uno spettacolo osceno. Si è imposto
alla natura del vivente quel che le classi dominanti hanno imposto per millenni
alle classi dominate: uno sfruttamento senza fallo, una violenza senza pietà,
una crudeltà senza limiti altrettanto mostruosa che stupida e redditizia.
Con l’intelligenza
artificiale di una tecnocrazia meccanicista, l’universo poetico dell’umano si è
ridotto al lumicino, fino a diventare un penitenziario in cui i prigionieri
sono anche i guardiani di se stessi.
Che fare? La questione è
talmente antica che diventa banale. E la risposta pure: bisogna cambiare il
mondo.
Quello attuale è morente e
noi con lui.
Non sarà, tuttavia, una
rivoluzione meccanicamente politica né un nuovo atteggiamento mistico che
creeranno un mondo nuovo, ma un rinascimento del corpo e dello spirito
individuale e collettivo (una coscienza di specie) che ci emanciperà o no dal
nichilismo capitalista e dal suo progetto falsamente gaudente ed effettivamente
mortifero.
Quando l’economia politica
avrà svuotato il pianeta di una gran parte del vivente come ha già cominciato a
fare dappertutto, i sopravvissuti si accorgeranno senza dubbio né alibi
ideologico che non si può mangiare il denaro né la carta di credito, e neppure
bere il telefonino. Sarà troppo tardi? Chissà!
Da parte mia né ottimismo
mistico né pessimismo iperrealista. Nel mio viaggio che volge alla fine, porto
nei miei bagagli intimi i resti di un materialismo dialettico senza pretese che
gioca con un principio di speranza moderatissimo: ottimismo della volontà,
pessimismo della ragione, pur sempre diffidando del Gramsci ideologo.
Attenzione a tutti i
profeti, diffidenza verso i guru, ma evviva l’autogestione generalizzata del
vivente da parte della specie umana che risorgerà sopravvivendo alla catastrofe
annunciata.
Sergio Ghirardi Sauvageon,
alla fine del caldissimo mese di maggio 2026
Éloge d’une renaissance qui viendra ou pas
« Celui qui veut assurer la médiation
entre deux penseurs audacieux porte la marque de la médiocrité : il est
incapable de voir ce qu’il y a d’unique en eux ; imiter et copier, c’est
bien le propre d’un regard à courte vue. »
Nietzche, Le gai savoir, cité par
Adorno in Minima Moralia, page 101, Payot, Paris, 2003.
C’est suivant les traces de ceux qui aiment la
vie qu’on se méfie de plus en plus de la survie. Une survie octroyée par les
puissants de plus en plus impuissants à vivre et laisser vivre une vraie vie.
Partout le pouvoir cache de plus en plus mal
son impuissance à produire le conditions de la jouissance de vivre. Tous les
plaisirs sont confisqués par la rentabilité, unique orgasme concevable dans un
univers capitaliste devenu une réalité totalitaire omniprésente.
Aucun optimisme n’est plus suffisant ni
réaliste quand la réalité de l’exploitation, de l’aliénation et de la pollution
du vivant occupent les territoires où foisonne la vie en la rétrécissant, la
polluant, la rendant malade.
Car ce n’est pas uniquement la planète qui est
malade, mais surtout la socialité humaine aliénée qui corrompt la terre, l’air,
l’eau, le monde, la vie par mille formes d’obsolescence de l’humain : de
la nourriture cancérigène à la bombe atomique, le capitalisme et ses fidèles
confusionnistes complotent pour annihiler le vivant, sans scrupules ni
conscience.
Il fut un temps où la révolution sociale
prétendait créer un monde nouveau. Désormais s’insurger devient inéluctable
pour sauver les restes nécessaires d’une nature – et de la
socialité qui va avec – que le productivisme a falsifié
structurellement pour exploiter sans limites tout et partout.
La société dominante a falsifié la réalité de
la vie jusqu’à un spectacle obscène. On a imposé à la nature du vivant ce que
les classes dominantes ont imposé pendant des millénaires aux classes
dominées : une exploitation sans faille, une violence sans pitié, une
cruauté sans bornes aussi monstrueuse et stupide que rentable.
Avec l’intelligence artificielle d’une
technocratie mécaniste, c’est l’univers poétique de l’humain qui s’est réduit à
une peau de chagrin jusqu’à devenir un pénitencier où les prisonniers sont aussi leurs propres geôliers.
Que faire ? La question est tellement
ancienne qu’elle devient banale. La réponse aussi : il faut changer de
monde.
Celui ci est mourant et nous avec lui.
Ce ne sera pourtant pas une révolution
mécaniquement politique ni une nouvelle posture mystique qui créeront un monde
nouveau, mais une renaissance du corps et de l’esprit individuel et collectif
(une conscience d’espèce) qui nous émancipera ou pas du nihilisme capitaliste
et de son projet faussement jouissif et véritablement mortifère.
Quand l’économie politique aura vidé la
planète d’une grande partie du vivant comme elle a commencé à le faire partout,
les survivants s’apercevront sans faille ni échappatoire idéologique qu’on ne
peut manger ni l’argent ni la carte de
crédit, et boire le téléphone portable non plus. Ce sera trop tard ? Quien
sabe !
De ma part, ni optimisme mystique ni
pessimisme hyperréaliste sont de mise. Dans ma fin du voyage, je porte dans mes
bagages intimes les restes d’un matérialisme dialectique sans prétention
jonglant avec un principe d’espérance très modéré : optimisme de la
volonté, pessimisme de la raison, tout en se méfiant du Gramsci idéologue.
Gare à tous les prophètes, méfiance aux
gourous, mais viva l’autogestion généralisée du vivant de la part de
l’espèce humaine qui resurgira survivant à la catastrophe annoncée !
Sergio Ghirardi Sauvageon, fin du très chaud mois de
mai 2026